Les Chroniques du U

sont la collection de nos récits d'aventures, de nos impressions et de nos réflexions de coopérants en stage outremer. Le U autour duquel on échangeait au Québec fut virtualisé pour inclure tout ceux qui le veulent à la discussion de coopération, développement, etc. Laisser vos commentaires ou contactez nous à l'adresse courriel: cfcistes@gmail.com.

lundi 28 avril 2008

La "Riche" POTOSI, Bolivie

Voici le CERRO RICO, Potosi, Bolivie

Pres de 30 minutes de distance me restant a faire en bus avant mon arrivee a Potosi, j apercu ce joyaux qui surplomble fierement au soleil entre les autres montagnes....parraissant alors des "butes"..... ca couleur ou plutot ces couleurs attirent mes yeux et mon attention a cette ville.

Cette montagne....denommee "Cerro Rico" par les Espagnols il y a plus de 400 ans renferme un tresor jusqua maintenant inepuisable....il semble!!! mais jusqu a quand? Un des plus grand coffre fort du monde de la Pachamama. Cette mine exploitee depuis des siecles portaients un autre nom Quechua au depart.....Tout comme moi, a leur arrivee, les Espgnols, de pouvant prononcer son nom reel, ont alors decide de la rebatisee ainsi! Cette montagne a contribue a la richesse de l;Espagne et Potosi, a ete, a une certaine epoque, une des villes la plus riche au Monde.... Que ce passe-t-il aujourd;hui....a-t-on oublie de remercier la Pachamama?...a-t-on oublie de reconnaitre l humain qui y travaillait autrefois?.... a-t-on oublie de repartir la richesse terrestre equitablement?....
Explorant cette ville glaciale, mais typiquement colore et fierement coloniale espagnole au centre....et au alentour.....je decouvre bien la realite des familles qui tentent de respecter la mere terre et de decouvrir passionnement et respectueusement ces richesses...tout en tentant de repondre du mieux possible a ces besoins...et a ceux de sa famille....... Sur une population de
36 000 habitants, plus de 12 000 hommes, adolescents et garcons travaillent dans les mines.
Si je fait le calcul....en moyenne, les familles sont constituees de 3 enfants...alors chaque famille de Potosi y travaille. On denombre plus de 4000 mines en Bolivie.
Des mines cooperatives.......et des mines privees.....
Accompagnee de 3 amis et de 2 anciens mineurs jai penetree ce tout autre monde obscure, irrespirable, difficile, ardu, fascinant, mais si joyeux a la fois....rencontrant certains mineurs qui travaillent en souriant, accompagne de leurs amis et terminant leur journee de travail.
La mine dans laquelle nous sommes entree est une mine cooperative.....cest a dire:
- les mineurs n ont pas de salaire fixe (cela depend de leur decouverte),
- Les mineurs n ont pas d assurance avant plusieurs annee de travail,
- aucun equipements de securite n est fourni au mineurs (ils doivent se procurer eux-meme le minimum....bottes, casque, lampe....)
Comparativement a une mine Privee.....
- les mineurs ont une assurance apres 3 ans de travail
- leur equipement de securite est fourni (casque, botte, lampe, pantalon (complet) et masque pour eviter de respirer la poussiere)
- Ils ont un salaire fixe par mois
Toutefois..... dans une mine privee.....
- Les mineurs travaillent 4,5 ou 6 jours semaines a des horaires fixes (par exemple: de 6 heures a 16h, de 12h a 22 h, de 18h a 8 h, ...)
- les mineurs ne peuvent choisir leur equipe de travail (ils peuvent etre separe de leurs amis et familles)
- Ils ne peuvent quitter leur emploi, exepte si le medecin rempli un formulaire disant que ta sante ne te permet plus de vivre longtemps.....
Alors que dans une mine cooperative....
- les mineurs peuvent travailler le nombre de jours et d heures qu ils decident par semaine...(certains travaillent 1,2,3 jours seulement par semaine). par exemple, nous avons rencontre un jeune de 15 ans qui travaille 1 journee semaine a la mine pour pouvoir aller a l ecole (et d autre peuvent prendre du temps avec leur famille)
- les mineurs peuvent choisir leur equipe de travaille et travailler joyeusement avec leurs amis ou travailler seuls sils le veulent (les decouvertes se partagent entre l equipe)
- Les mineurs peuvent quitter le travaille des mines lorsqu ils le veulent (comme les deux jeunes mineurs dans la 30 aines qui nous y ont amene)
Prefereriez-vous une mine privee ou une cooperative???
L esperence de vie est mintenant d environ 45 ans chez le mineur. Un homme que nous avons rencontree avait 58 ans et le pere de notre guide y a travaille jusqua l age de 65 ans. La plupart du temps, les hommes y travaillent toute leur vie....
Voici le TIO....le diable de la mine qui se presente fierement a l entree! Le TIO peut etre bon ou mal....tout depend des offrandes qu ils recoient par les mineurs
Chaque mine possede son gardien qui recoit des offrandes (alcool pur (90%) qui est partage entre celui-ci, la Pachamama et le mineur, le reste demeure a ces pieds.... coca, cigarette, refresco et toutes sortes d objets illicites et etranges.....)




Descendant dans cette Terre obsucre....









Le travail est presque le meme depuis des siecles:
- Dynamitage pour defaire le mur de pierre en morceau
- Piquetage et pelletage de la pierre pour remplir les baril fait de pneu recycle(caoutchouc)
- les barils sont montee a une autre etage avec une corde, un crochet et des muscles d hommes forts travaillant!
- la pierre est transferree dans des traineaux de metal (contenant qui ressemble a des wagon) (que lon peu voir a l envers sur la 2e photos)
- Puis sur les rails....les wagon sont pousses jusqua la sortie
Extrement physique et extrement respectable comme travail....
Ensuite, le travaille n appartient plus aux mineurs....la finission avec les produits chimiques se fait a l exterieur....parfois dans d autre pays.....pour extraire les metaux precieux ainsi que la transformation.....
Une experience fort enrichissante et difficile! Apres 5 minutes de pelletage avec les mineurs , je devais passer le relais a mes coequipiers pour prendre une pause...pour reposer mes muscles endoloris de cette pierre impressinament pesante! Puis je reprenais....tentant de permettre au jeune de 15 ans qui y travaillait depuis plus de 9h de se reposer.....On a terminer de pelleter le secteur avec eux pour les "aider" a terminer plus vite leur journee de travail. "Si ca a pas ete plus vite....au moins ils ont pu se reposer un peu".
Apres 3 heures passe a l interieur de cette montagne, je sentais deja mes poumons respirer avec plus de difficulte...rempli de poussiere et mes muscles endolori de tout mon corps (a ramper, a marcher a quatres-pattes ou en petit bonhomme dans le labyrinthe que constitue ces tunnels.....)
A la sortie, l air glaciale m a fait un plus grand bien! cest la que j ai realise la rudeur de ce respectable travail!!!!
Marie-Eve (qui se retrouve avec une simili sinusite depuis ce temps)
xx
























Visites à la clinique

Suite à deux hospitalisations dans des cliniques et plusieurs visites et une visite éclair à l'hopital à Ouaga, je peux maintenant vous transmettre un compte-rendu de quelques différences entre ici et le Québec.

1- Première étape quand on veut consulter un médecin, on doit passer se faire examiner par un infirmier dans une salle réservée à cet effet. Celui-ci nous dirige ensuite vers le médecin approprié à notre bobo. J'arrive devant le bureau en question. Une dizaine de persones attendent dans le corridor, la porte est fermée. Ça va être long!!! La porte s'ouvre, l'infirmière me fait entrer tout de suite. La clé du mystère: Les dix personnes sont là pour une seule personne, pour la supporter. La famille africaine!!

2- Suite à ma première hospitalisation, j'ai eu besoin d'un rapport médical. Je me rend dans le bureau. Je cogne. On fini par me faire entrer. Une dame âgée (Ici on dirait une vieille) est seins nus sur un lit, assise en train de se faire soigner et continue sa discussion sans se soucier de la nouvelle présence (moi) qui vient d'entrer. Je crois que j'étais plus gênée qu'elle.

3- Deuxième consultation du médecin; Une longue file attend au bureau du médecin vers lequel ont m'a dirigé. J'attends. C'est long. À tour de rôle, des gens cognent à la porte du bureau, s'informent pour savoir où il est. Personne ne sait. Au bout d'une heure, il fini par faire apparution. Où était-il? Mystère. En pose café peut-être...

4- Je rencontre le médecin en question. Commencent les questions de base, "Qu'est-ce que tu as?, depuis quand? Mal où?..." Quelqu'un cogne. Le médecin se lève. "OUvrez, entrez, Ça va bien? Oui, je vais bien. Et la famille?... Bonne journée" Tout cela au milieu de la consultation. L'autre fini par partir. L'examen continue. Il me fait coucher sur le dos pour examiner mon ventre. "Ça fait mal ici?, là?.." Tout à coup, son cell se met à sonner. Il répond. "Ha bonjour, oui, je vais bien et vous? et la famille?... " Julie qui m,accompagne et moi on part à rire.

5- Comme je ne guérissais pas, quelques jours après, un dimanche, je décide de retourner consulter. Cette fois, je veux un autre opinion. Toutes les cliniques recommandées sont fermées alors, on se rend à la grande hôpital de Ouaga indiquée dans le routard. Il fait une chaleur terible cette journée-là et j'ai mal au coeur. J'ai peu d'energie, car ça fait déjà quelques jours que je suis malade. On arrive-là. Il y a des odeurs de nourriture partout, des gens vendent des choses à l,entrée, on ne sait pas du tout où se diriger. On se rend où il y a du monde. Des gens sont étendus par terre sur le bord du mur. On fini par entrer pour s'informer. Encore là, il y a des gens couchés ici et là. Ça sent mauvais, ¸a ne semble pas propre. Une infirmière en formation est assise à un bureau. On lui explique la venue de notre visite et on demande à consulter un médecin. Elle ne semble pas trop savoir quoi faire pour nous et nous suggère de nous rendre dans une clinique. On ne se le fait pas dire deux fois. Même à moitié là, je n'aurais pas voulu me faire soigner dans cet endroit. Juste les odeurs me rendaient plus malade qu'autre chose. Finalement, je retourne à la clinique présidentielle où j'ai touours été soignée. Le médecin partait dîner, mais il nous a pris avant de partir. Fiou.

Maintenant, je suis guérie et j'espère bien ne pas retourner visiter les cliniques.À la prochaineAmélie

vendredi 18 avril 2008

La vie à Bamako Coura


La vie de quartier est de plus en plus agréable. Pour vous permettre de comprendre un peu, voici comment ça se passe tous les jours. J’habite à 4 minutes à pied de chez Sylvain et Marie-Espérance, au début… Maintenant, on doit prendre 20-30 minutes pour faire le trajet.

Un arrêt en bas de ma maison pour saluer la famille, un devant la maison pour saluer le grin, un autre pour saluer les copains, puis devant le dépanneur pour saluer Serge. On continue et voilà les enfants qui veulent danser, au coin on retrouve ma copine et ses enfants qui prennent des nouvelles de la famille, la santé, etc… Voilà qu’on peu enfin traverser la rue. Mais une fois traversé, Sango le marchand de cigarette et les policiers qui se partage la ronde nous demande : Diarra, comment vont Diabaté et Coulibaly ? On donne les nouvelles et on continue. Les gars d’un autre grin nous salue et aimeraient qu’on s’arrête plus longtemps. Ensuite il y a notre ami qui parle espagnol qui commence à jaser. Je mélange alors espagnol, français, bambara, c’est fou un peu. On poursuit notre chemin jusqu’au coin de la rue suivant, celle de mes amis. On salue Babi et les gens au dépanneur. Je peux maintenant prendre la rue Dakar. Les petits amis crient : Toubabou, toubabou ! Les blancs sont arrivés et on le sait. On salue quelques personnes dont Yaye qui nous parle de ses miles et un projet. J’arrive enfin dans l’immeuble où Diabaté et Coulibaly vivent. On salue les gens de la bijouterie. Finalement, il y a Badjo, celui qui entretient l’immeuble, tellement gentil. Il vit sur le toit avec sa famille. On salue sa femme et le bébé puis…on arrive ENFIN chez mes amis.

C’est seulement le chemin vers chez mes amis, c’est la même histoire vers le marché ou le travail. Vous comprenez un peu pourquoi les rues du Québec me paraîtront vide à mon arrivé. On est tellement toujours en contact avec les gens. C’est une si grande richesse et quel privilège de pouvoir connaître ses beautés du quotidien.

Merci la vie !

Palu be ne na !

Bon avant de commencer ces nouvelles, je veux vous dire que je vais bien. J’ai attrapé la malaria la semaine dernière … Ha panique ! Sérieusement, ça va. Je prends Malarone, un anti-paludéen à 5$ la pilule, je dors avec un moustiquaire et je mets de la crème (pas trop souvent mais dès fois). Malgré les précautions prisent, ça peut arriver. J’ai attrapé le palu classique pas trop grave. Il en existe 4 sortes.

J’ai passé la semaine dernière au lit, sans force et appétit à 41 degré en moyenne. Pas trop le fun. J’étais bourré aux pilules et à l’eau.

Quand on est malade ici, tout le monde vient te visiter. Les collègues de travail sont venus me donner des fruits, Ben du Café est passé, Fato Che et Mélanie sont venues, etc… Même si c’est fatiguant, ça fait du bien de se sentir apprécié et soutenu. On cherche moins sa mère comme quand on est malade vous voyez.

Le paludisme c’est des montagnes russes. Tu es au lit des heures puis, tu as un peu d’énergie. Tu vas manger une bouché et paff, tu te sens à terre alors c’est le retour au lit. C’est comme ça 5-6fois, en fait toute la journée. Le meilleur ami du palu étant la fatigue, j’ai repris le travail lundi dernier à mi-temps, juste les AM. Je rentre ensuite bien tranquille à la maison. Je commence à rattraper un peu la forme. J’ai suivi mon cours de danse hier, je me suis couché brûlé tout de suite en arrivant.

Je vous invite à lire les articles de M arie-Espérance qui décrivent très bien l’état dans lequel on se trouve quand on a le palu. On forme maintenant un véritable trio Sylvain, Sally et moi car on a tous eu et survécue à la malaria malienne.

Maintenant, je suis une vraie Malienne car tout bon malien a eu au moins un palu. C’est ça l’adaptation.

Vacances au Burkina Faso

Durant les vacances de pâques, je suis partie voir mes amigos du CFCI a Bobo Dioula So. Je suis partie en voiture avec un collègue de travail. Le chemin était magnifique mais modusse qui faisait chaud. J’avais 2 jours de transport de prévus et 2 jours de vacance là bas. C’est tellement différent du Mali. Les principales différences sont la pollution et la végétation, Bamako est vraiment plus pollué que Bobo. J’avais l’impression de mieux respirer. La partie du Burkina que j’ai vu était moins désertique que mon coin de pays. Sinon les vendeurs dans la rue sont vraiment plus harcelant. Et le point assez significatif c’est l’ouverture au niveau de l’alcool et de la fête. Les religions étant plus partagé entre chrétien, musulman et animiste, on voit des comportements différents. Il y a des maquis (bar) a tout les coins de rue et plus de musique. L’ambiance est vraiment différente.


Dollo J’avais envie de connaître la fameuse dollo burkinabé. C’est une bière a base de mil qui se boit dans des calebasses. Je suis entré dans un super marché et j’ai demandé ou je pouvais trouver une dollotière. Les employés terminaient alors ils m’ont invité a les accompagner dans leur quartier. On est partie en moto et on s’est installer devant les calebasses. Une calebasse coûte 100 Francs soit 25 cent. On a parlé de pleins de trucs intéressant sur la culture et les ethnies, ça été des échanges vraiment riches durant nos 3 calebasses.



J'ai fait ma première visite touristique depuis le début de mon arrivée en Afrique. On a exploré l'ancien village qui présentait les quartiers traditionnels (musulman, animiste et tout).



Guinguette
Etant en plein dans l'aventure, on est parti un après-midi à la guinguette, une rivière à 30 minutes de Bobo. On est partie une dizaine de motos. Je me sentais tellement en vacance. La route en forêt et les sentier de bouette pour arrivée à destination. Avec Fato Che "l'homme fou" qui est devenu un bon ami, on a trippé. Pendnat que les gars jouaient au foot dans l'eau, moi et Isa on s'est baigné en buvant notre vin de palme. Que demander de plus ?



A mon retour, Abdoulaye, le chauffeur du CFCI était à Bobo alors j'ai fait un bout de chemin avec lui jusqu'à Bla au Mali à environ 6-7 heures de Bamako je crois. J'ai pris l'autobus pour la seconde partie du voyage. A peine 5 minutes que j'étais assise, la fillette à mes côtés a vomi...sur mon sac. Il restait encore un bon 6 heures de voyage à l'odeur de vomi et à la chaleur intense!

La vie mérite d'être déguster à chaque moment et je me fait un plaisir de mordre de plus en plus dedans.

mardi 15 avril 2008

Creuser la terre au paradis des mangues.





Emprunter les sentiers de Siby rappelle les chemins qui mènent de la route à la plage dans l'est canadien. Tapée par le soleil et le trafic des visiteurs, la terre est dure. L'herbe en marge est longue et sèche. Plus on avance, plus il y a de sable. Toutefois, contrairement à ces chemins plageux, les sentier de Siby n'aboutissent pas à l'eau, juste à plus de semi-désert.

La description de semi-désert est peut être une exagération non scientifique, mais comment expliquer avec mon lexique occidental la faune et la flore du Mali? Les blocs montagneux Malenké n'ont rien à voir avec les piques enneigés de l'Alberta. La terre n'est pas la même, ni en teinte et ni en texture, que celle du Bas du Fleuve. Les constructions anciennes et modernes Dogons ne trouvent pas les mêmes références architecturales que celles des autochtones américains. Les petits lézards rapides sont comme les écureuils de Montréal, mais pas vraiment. Bref, c'est différent.



Dans la région du Malenké, la terre est infusée de plus de jaune et moins de rouge que celle de la région de Bamako. Quand on fait la route de jour, on se rend compte de cette lente gradation de couleur.

La sécheresse et la chaleur envahissante que l'on retrouve à Siby laissent vivre que quelques maigres buissons, beaucoup d'herbe sèche et des manguiers. Ce qui impressionne, c'est de retrouver ce contraste étonnant entre la sécheresse du sol dépourvu et les manguiers verdoyants pleins de fruits.



Sur les terres jaunes et dures encore tracée des labours de l'hivernage dernier, on trouve presque que des manguiers.

Apparemment cet arbre aime les extrêmes. Il se réjouit du manque presque total d'eau pendant la saison sèche et produit sa première récolte à ce moment. Puis, avec la pluie de l'été, il se repose et reprend ses forces. Mais Siby a un microclimat que je ne comprends pas et c'est grâce à ce microclimat que les manguiers réussissent à produire deux (2) récoltes par années, en mars et octobre.
Lors de la cueillette, camions, voitures, sotramas -tout ce qui a un moteur et des roues- font le trafic des mangues jusqu'aux frontière de la Mauritanie et du Niger. Être dans le village en mars est comme avoir le nez enfouit dans une mangue bien mûre et juste assez sucrée.







mercredi 9 avril 2008

Ma convalescence



J'avais mal mais à ce point là? Je ne le saurais jamais. On m'a donné carte blanche, il suffit de me reposer.
Après la grande chaleur, je m'installe sur la banquette défoncée du Sotrama qui m'amène à Sebenicoro, le premier point de transit. La fatigue est lourde, la paresse règne mais l'excitation d'être loin de Bamako soutient mon esprit. C'est l'aventure de ma maladie.
Sebenicoro est une ville en terre rouge. Un endroit que je voulais revoir pour prendre des photos: les rouges, jaunes et gris du paysage s'y mixent parfaitement. Mais pas cet après midi.



Ma lassitude fait en sorte que je n'obtient pas de place dans le minibus qui, en quittant, débordait de gens à l'arrière, portes ouvertes, traînée de poussière suivant le tout. On m'indique un Sotrama déasbusé un peu plus loin. Oui, il va à Siby livré du riz. En effet, ils ont empiler à l'arrière des sacs de 50 kg. Six de haut, quatre de large, quatre de profond. 5000 kg de riz? Cinq tonnes de riz dans une mini fourgonnette, est-ce même possible? Il y encore un peu de place, neuf personnes peuvent encore s'installer. On attend qu'ils arrivent pour partir. Ils arrivent. Maintenant il suffit que les deux femmes avec deux enfants, le vendeur d'oreiller, les deux mécaniciens, la blanche, le pilote et le chauffeur attendent à l'ombre de la camionnette que les mécaniciens fassent démarrer le moteur.



Le soleil se couche. La lumière orange se mélange à la poussière soulevée par le vent.
Le moteur pète le vrombissement de départ. Tout le monde embarque. Comme la blanche est l'invité du Mali, il n'est pas question qu'elle s'installe sur les sacs de riz, elle doit s'installer dans la cabine.
Entre le chauffeur et le pilote, je me brûle les mollets sur la cage du moteur. On roule lentement et tout aussi lentement, le Mali s'étend devant moi. Puis à la première colline, il arrête de s'étendre. Le Sotrama est trop lourd. Il faut sortir et attendre qu'il grimpe la côte. La poussière des voitures et des camions passants s'élève et forme des touffes au long de la route.



La côte conquise, on court pour rattraper la camionnette, on saute, on est en place, on roule.
Personne ne parle dans la cabine. Le chauffeur se concentre sur la route, lançant ses bras de droite à gauche afin de maintenir le tout sur un ligne droite. Le pilote, lui, regarde par la fenêtre guettant ce qu'il vient à l'arrière.
Moi, je me contente de regarder le paysage, la route nationale en terre, les autres camions surchargés de marchandise qui avancent doucement vers la capitale.Dans mon oreille droite, la voix de Maximillien Bouchard est parfaite pour accompagner l'atmosphère de la cabine.
Ils ont mit le chauffage dans le tapis pour éviter que le moteur ne surchauffe. On avance moins que lentement. La chaleur, la poussière, Maximillien Bouchard, le silence, la nuit et 3 heures pour un trajet de 55 km.
Quand soudainement apparaissent sur le bord de la route des sacs et des sacs de mangues, je sais qu'on est dans le Cercle de Siby, le paradis de la mangue. Des lampes de pétrole et des lampes de poche illuminent l'activité du centre village.
Le Sotrama s'arrête subitement.
"An be Siby".
On me tend la main et on me remercie de ma compagnie.
Je suis en brousse pour me reposer.