Emprunter les sentiers de Siby rappelle les chemins qui mènent de la route à la plage dans l'est canadien. Tapée par le soleil et le trafic des visiteurs, la terre est dure. L'herbe en marge est longue et sèche. Plus on avance, plus il y a de sable. Toutefois, contrairement à ces chemins plageux, les sentier de Siby n'aboutissent pas à l'eau, juste à plus de semi-désert.
La description de semi-désert est peut être une exagération non scientifique, mais comment expliquer avec mon lexique occidental la faune et la flore du Mali? Les blocs montagneux Malenké n'ont rien à voir avec les piques enneigés de l'Alberta. La terre n'est pas la même, ni en teinte et ni en texture, que celle du Bas du Fleuve. Les constructions anciennes et modernes Dogons ne trouvent pas les mêmes références architecturales que celles des autochtones américains. Les petits lézards rapides sont comme les écureuils de Montréal, mais pas vraiment. Bref, c'est différent.
Dans la région du Malenké, la terre est infusée de plus de jaune et moins de rouge que celle de la région de Bamako. Quand on fait la route de jour, on se rend compte de cette lente gradation de couleur.
La sécheresse et la chaleur envahissante que l'on retrouve à Siby laissent vivre que quelques maigres buissons, beaucoup d'herbe sèche et des manguiers. Ce qui impressionne, c'est de retrouver ce contraste étonnant entre la sécheresse du sol dépourvu et les manguiers verdoyants pleins de fruits.
Sur les terres jaunes et dures encore tracée des labours de l'hivernage dernier, on trouve presque que des manguiers.
Apparemment cet arbre aime les extrêmes. Il se réjouit du manque presque total d'eau pendant la saison sèche et produit sa première récolte à ce moment. Puis, avec la pluie de l'été, il se repose et reprend ses forces. Mais Siby a un microclimat que je ne comprends pas et c'est grâce à ce microclimat que les manguiers réussissent à produire deux (2) récoltes par années, en mars et octobre.
Lors de la cueillette, camions, voitures, sotramas -tout ce qui a un moteur et des roues- font le trafic des mangues jusqu'aux frontière de la Mauritanie et du Niger. Être dans le village en mars est comme avoir le nez enfouit dans une mangue bien mûre et juste assez sucrée.

1 commentaire:
Osti k,sé beau
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